La perte de cheveux chez l’homme, bien acceptée pour certains, peut avoir pour d’autres un impact à la fois esthétique, voire psychologique. Communément appelée calvitie, elle touche les hommes de tous âges, parfois même très jeunes mais son étendue augmente généralement avec le temps.
En réalité, il existe plusieurs types de chutes de cheveux chez l’homme, ainsi qu’une multitude de facteurs qui contribuent à son apparition ou son aggravation. Dans cet article, nous allons explorer les causes, les signes et quelques-unes des meilleures solutions pour freiner la chute de cheveux masculine.
De quoi provient la chute de cheveux chez l’homme ?
La perte de cheveux chez l’homme, ou alopécie masculine, désigne le phénomène par lequel les cheveux tombent en excès. Notez que chaque individu perd naturellement une centaine de cheveux par jour. Selon sa cause, la chute de cheveux peut être temporaire ou bien chronique. Elle peut également se manifester de plusieurs façons : de manière diffuse ou localisée, et à plusieurs endroits : tempes, vertex, ligne frontale ou de manière aléatoire.
Dans tous les cas, cette chute s’explique par un dérèglement du cycle pilaire. Chaque cheveu connaît environ 25 cycles, un cycle s’étalant sur plusieurs années. D’abord il pousse (phase anagène, concerne environ 90 % des cheveux et dure jusqu’à 7 ans), puis se met au repos (phase catagène, période très courte de quelques semaines), et tombe (phase télogène qui dure plusieurs mois). Dans l’alopécie, la phase anagène rétrécit et la phase télogène reste constante, voire s’allonge(1). Ainsi, une quantité importante de cheveux passent prématurément en phase de chute, entraînant une chute anormale.
D’autres processus peuvent se mettre en place comme une miniaturisation des follicules pileux ou une inflammation, comme c’est le cas dans l’alopécie androgénétique.
Alopécie ou calvitie : quelle différence ?
L’alopécie est le terme générique pour désigner la perte de cheveux, quelle qu’en soit la cause (hormonale, génétique, nutritionnelle, auto-immune, etc.).
Le terme « calvitie » est employé pour parler d’un certain type d’alopécie : l’alopécie androgénétique. C’est le type de chute de cheveux le plus fréquent chez l’homme, touchant 30 à 50 % des hommes âgés de 50 ans. Alopécie est donc le terme général, alors que calvitie est synonyme d’alopécie androgénétique, le sous-type le plus courant d’alopécie masculine.
Les différents types de chute de cheveux chez l’homme
Alopécie androgénétique ou calvitie
- Fréquence : type le plus courant de chute de cheveux masculine.
- Cause : génétique, hormones.
- Durée : caractère chronique, la chute est généralement irréversible.
- Signes : perte progressive et permanente qui démarre par les golfes temporaux et la ligne frontale, puis au sommet du crâne. Les cheveux s’affinent en raison du « rétrécissement » des follicules pileux.
Alopécie réactionnelle ou effluvium télogène
- Fréquence : bien plus fréquent chez la femme.
- Cause : choc émotionnel ou physique (opération, stress, carence, infection, médicaments…).
- Durée : souvent passagère, les cheveux commencent à repousser après l’évitement du ou des facteurs déclenchants. Peut être chronique si la cause n’est pas traitée.
- Signes : chute diffuse sur l’ensemble du cuir chevelu.
Alopécie areata ou pelade
- Fréquence : moins fréquent que les deux autres mais affecte autant les hommes que les femmes.
- Cause : auto-immune.
- Durée : généralement temporaire, les cheveux repoussent après une prise en charge adaptée.
- Signes : perte de cheveux par plaques circulaires plus ou moins étendues et de manière aléatoire sur le cuir chevelu.
D’autres types d’alopécies existent, mais moins fréquentes : alopécie totalis, universalis, ophiasis, de traction…
Cause de la perte de cheveux chez l’homme
La perte de cheveux chez l’homme est un phénomène multifactoriel. Plusieurs causes peuvent intervenir, seules ou en combinaison. Voici les plus documentées :
La génétique et les hormones : les principaux facteurs
Comme son nom l’indique, l’alopécie androgénétique fait intervenir la génétique et les hormones androgènes(2). Chez les personnes génétiquement prédisposées, les follicules capillaires réagissent de façon excessive aux androgènes, en particulier à la dihydrotestostérone (DHT), produite en grande quantité chez ces personnes. De plus, les récepteurs des follicules situés sur les tempes et le vertex sont beaucoup plus sensibles, d’où une chute localisée dans ces régions.
Or, l’activation des récepteurs androgéniques par la DHT raccourcit la phase anagène des cheveux, entraînant une miniaturisation folliculaire. Par conséquent, la phase anagène devient trop courte pour ne serait-ce que laisser le temps au cheveu de sortir du cuir chevelu, et la miniaturisation progressive et irréversible des follicules entraîne une diminution non seulement de l’épaisseur mais aussi de la production des cheveux.
Le caractère héréditaire de l’alopécie est élevé : les garçons ont 5 à 6 fois plus de risques de développer une calvitie si leur père est concerné(2).
À noter que certains déséquilibres hormonaux (thyroïdiens, androgènes exogènes comme les stéroïdes anabolisants) peuvent accélérer la chute(3).
Perte de cheveux et stress
Les pics de stress et le stress chronique figurent parmi les causes les plus courantes de troubles de la croissance et de la chute capillaires. Il est d’ailleurs connu pour être la principale cause de l'effluvium télogène. Le stress augmente le taux de cortisol dans l'organisme, lequel entraîne le passage prématuré des cheveux en phase télogène. Il peut également causer une inflammation qui induit un stress oxydatif localisé et fragilise ainsi les follicules(4). Il peut être un élément déclencheur d’une alopécie ou bien un facteur aggravant d’une chute déjà existante.
Mode de vie et environnement
- Des agressions externes (pollution, UV, produits chimiques comme les colorations, appareils chauffants, etc.) peuvent endommager le cheveu ou le follicule.
- Certaines carences alimentaires peuvent favoriser une chute de cheveux chez l’homme. Par exemple, une carence en fer, en zinc, en vitamine D, en vitamines B ou en acides aminés essentiels peut compromettre la santé des follicules.
- Le tabagisme actif ou passif favorise la perte de cheveux par plusieurs mécanismes tels que la réduction de la circulation sanguine vers le follicule, les dommages causés à l’ADN, etc(5).
- La prise de médicaments comme les antihypertenseurs, les antiarythmiques, les anticoagulants peuvent participer à l’alopécie masculine(3).
- L’âge s’accompagne naturellement d’une diminution de production de cheveux. Cependant il n’entraîne pas nécessairement une chute puisque tous les hommes âgés n’ont pas de calvitie.
Défaillance du système immunitaire
L’alopécie areata est d’origine auto-immune. Dans son cas, le système immunitaire s’attaque par erreur aux follicules pileux en phase anagène. Ce phénomène provoque une altération du bulbe pileux et une inflammation locale qui interrompent la croissance des cheveux. Le stress oxydatif, certaines prédispositions génétiques ou des atteintes folliculaires pourraient amplifier cette réaction(3).
La calvitie chez l’homme jeune
Pourquoi je perds mes cheveux à 20 ou 30 ans ?
La calvitie chez l’homme peut débuter dès la vingtaine, généralement en raison d’une prédisposition génétique et hormonale. Comme nous l’avons expliqué, l’excès de sensibilité à la dihydrotestostérone (DHT) accélère le passage du cheveu en phase de chute ainsi que la miniaturisation des follicules, entraînant une perte excessive et un amincissement progressif des cheveux. Cependant, le stress, les carences nutritionnelles et un mode de vie déséquilibré peuvent en aggraver la progression.
La prise en charge d’une calvitie chez l’homme jeune permet souvent de ralentir la chute et de préserver la densité capillaire.
Selon une étude(3), l’alopécie débuterait chez environ 10 % des hommes de 20 à 29 ans, 20 % des hommes de 30 à 39 ans, 30 % des 40 à 49 ans et 40 % des hommes de 50 à 59 ans.
Début de calvitie masculine : les signes à ne pas rater
La chute de cheveux se manifeste de diverses manières en fonction de son type.
En cas d’alopécie réactionnelle causée par un stress intense, la chute est diffuse sur l’ensemble du cuir chevelu. Elle débute quelques semaines à quelques mois après la survenue de ce stress et s’arrête quelques mois après l’arrêt à son exposition.
En revanche, l’alopécie androgénétique, ou la calvitie, suit un schéma particulier. Son évolution est décrite par l’échelle de Norwood-Hamilton qui la classe en 7 stades, parfois avec plusieurs configurations par stade(6) :

Globalement, l’alopécie débute par un recul progressif de la ligne frontale, au niveau des tempes et se poursuit par un éclaircissement au sommet du crâne. Aux stades avancés, la zone chauve du vertex s'agrandit progressivement et finit par rejoindre la ligne frontale en recul, pour ne laisser qu’une couronne de cheveux autour du crâne. Le tout, accompagné d’un amincissement progressif et d’un raccourcissement des cheveux qui finissent par prendre un aspect duveteux.
Comment freiner la perte de cheveux chez l’homme ?
Même si beaucoup d’hommes choisissent d’accepter la perte de leurs cheveux, d’autres veulent agir pour prévenir ou freiner cette chute. L’approche dépend essentiellement de la cause de l’alopécie. Compte tenu du caractère multifactoriel, chronique et parfois irréversible des processus qui en sont à l’origine, il est essentiel de consulter un dermatologue pour identifier la meilleure marche à suivre selon chaque cas. Gardez en tête que la démarche est longue ; la constatation des premiers résultats prend du temps. Voici les principaux axes pour agir contre la calvitie chez l’homme :
Optimiser la routine capillaire
- Soins doux : opter pour des produits adaptés au cuir chevelu, sans actifs agressifs comme les sulfates et les silicones.
- Massage du cuir chevelu : masser régulièrement son cuir chevelu permet de stimuler la microcirculation sanguine et par conséquent la nutrition des bulbes pileux, essentielle à la santé et la croissance capillaire.
- Éviter les agressions : limiter les coiffures trop serrées si les cheveux sont longs, l’usage du sèche-cheveux, le séchage par friction avec la serviette, l’exposition excessive aux UV, à la pollution et aux produits chimiques agressifs comme les colorations, par exemple.
Un mode de vie sain
- Adopter une alimentation saine et variée, avec un apport suffisant en protéines, en vitamines (vitamines B et vitamine D) et en minéraux (fer, zinc…).
- Gérer son stress, par l’activité physique, un bon sommeil ou des exercices de relaxation par exemple.
Les produits anti-chute de cheveux pour homme
- Les shampoings et sérums anti-chute
Ces cosmétiques contiennent un ou plusieurs actifs reconnus pour freiner la chute de cheveux comme des plantes, des vitamines B, du zinc, des antioxydants ou de la kératine, etc. Une fois les cheveux essorés, appliquez un sérum anti-chute par massage circulaire. Ce type de produit est souvent conçu pour favoriser la microcirculation du cuir chevelu.
- Les compléments alimentaires
Avec les cosmétiques, les compléments alimentaires anti-chute assurent une action complète et optimale sur la chute et la bonne croissance des cheveux. Nous avons vu que certains nutriments sont particulièrement recommandés en cas de chute de cheveux, pour les renforcer ou pour compenser une éventuelle carence alimentaire.
- Les médicaments
Certains médicaments par voie orale tels que le minoxidil et le finastéride sont approuvés en cas d’alopécie masculine ou féminine. Ces options sont uniquement sur conseil et prescription d’un professionnel de santé. Même s’ils sont utiles pour prévenir ou ralentir la chute de cheveux, ils doivent néanmoins être utilisés de manière continue pour maintenir leur effet(1).
- Camouflage et compléments capillaires
Les techniques et produits pour cacher sa calvitie sont nombreux. D’abord, vous pouvez opter pour de nouvelles coiffures qui recouvrent mieux les zones dégarnies. Aussi, vous pouvez essayer les sprays colorants qui masquent les zones clairsemées et donnent une impression de densité et de volume aux cheveux. Enfin, il existe un large choix de compléments capillaires, aussi appelés perruques, postiches ou prothèses capillaires, faits à partir de cheveux naturels ou synthétiques, et couvrant entièrement ou partiellement le crâne.
Et pour les hommes qui en ressentent le besoin, un soutien psychologique peut être utile pour apprendre à contrôler l’impact psychologique de la perte de cheveux.
Perte de cheveux chez l’homme – Foire Aux Questions
La calvitie masculine est-elle réversible ?
La calvitie est irréversible. C’est pourquoi il est important de l’identifier tôt afin de stabiliser la chute et de préserver les cheveux restants.
Est-il possible de faire repousser les cheveux ?
La possibilité d’une repousse dépend principalement de la cause et du stade de la chute. Une chute d’origine génétique aux stades avancés entraîne une perte irréversible de fonctionnement des follicules ; la repousse est rare. En revanche, une chute d’origine traumatique pourra probablement être rétablie après l’arrêt de l’exposition au facteur déclenchant (stress, accident, opération, etc.).
Comment éviter la perte de cheveux ?
S’il est difficile d’éviter complètement la perte de cheveux, il est en revanche possible de prévenir ou ralentir son évolution. Comment ? En adoptant au plus tôt les habitudes qui préservent nos cheveux : alimentation équilibrée, gestion du stress, soins doux, bonne hydratation, arrêt du tabac, etc.
Pourquoi la calvitie ne touche que les hommes ?
La calvitie existe aussi chez la femme, elle est juste plus fréquente chez l’homme. Elle ne se manifeste pas non plus de la même manière : chez l’homme, les cheveux tombent au niveau des tempes, du front et du vertex alors que chez la femme la chute est plutôt diffuse et localisée surtout au sommet du crâne.
Quel lien entre testostérone et perte de cheveux chez l’homme ?
La testostérone est convertie en dihydrotestostérone (DHT) par l’enzyme 5-alpha-réductase. Or, la DHT se fixe sur les récepteurs des follicules sensibles génétiquement, provoquant leur miniaturisation et donc la perte progressive des cheveux.
À quel âge peut débuter la calvitie de l’homme ?
Les signes d’une calvitie précoce peuvent apparaître dès la vingtaine. Dans ces cas, elle est très souvent héréditaire mais peut aussi être aggravée par le stress, le changement de saison, les carences alimentaires, etc. La calvitie augmente avec l’âge ; elle est généralement évolutive.
Sources :
(1)Asfour L, Cranwell W, Sinclair R. Male Androgenetic Alopecia. In: Feingold KR, Ahmed SF, Anawalt B, Blackman MR, Boyce A, Chrousos G, et al., éditeurs. Endotext [Internet]. South Dartmouth (MA): MDText.com, Inc.; 2000. Disponible sur: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK278957/
(2)Ho CH, Sood T, Zito PM. Androgenetic Alopecia. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2025. Disponible sur: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK430924/
(3)Gokce N, Basgoz N, Kenanoglu S, Akalin H, Ozkul Y, Ergoren Mc, et al. An overview of the genetic aspects of hair loss and its connection with nutrition. J Prev Med Hyg. 17 oct 2022;63(2 Suppl 3):E228‑38.
(4)Hadshiew IM, Foitzik K, Arck PC, Paus R. Burden of Hair Loss: Stress and the Underestimated Psychosocial Impact of Telogen Effluvium and Androgenetic Alopecia. Journal of Investigative Dermatology. 1 sept 2004;123(3):455‑7.
(5)Kash N, Leavitt M, Leavitt A, Hawkins SD, Roopani RB. Clinical Patterns of Hair Loss in Men: Is Dihydrotestosterone the Only Culprit? Dermatologic Clinics. 1 juill 2021;39(3):361‑70.
(6)Paquet P, Orduz M, Franchimont C, Nikkels AF. Quel est l’intérêt des lasers de basse énergie dans le traitement de l’alopécie androgéno-génétique ? Rev Med Liege. 2017;72(12):540‑6.